Rénover un immeuble, c’est essentiel… mais aussi un vrai casse-tête financier ! Bonne nouvelle : en copropriété, le coût des travaux de rénovation énergétique peut être drastiquement réduit grâce aux nombreuses aides disponibles. Pourtant, beaucoup de copropriétaires, bien que conscients de l’utilité de ces rénovations, peinent encore à s’y retrouver parmi les dispositifs existants. Quels sont les leviers pour alléger la facture ? Quelles aides pouvez-vous mobiliser ? La Team Silva vous explique tout pour rendre vos travaux plus accessibles et rentables.
Les copropriétaires s’accordent sur un point : rénover les immeubles pour améliorer leur isolation est indispensable. D’après une étude menée par PrimesEnergie en juin, 52 % d’entre eux seraient même favorables à ce que ces travaux deviennent obligatoires. Plus frappant encore, 60 % estiment que ceux qui ont les moyens mais s’y opposent lors des votes en assemblée générale devraient être sanctionnés.
Mais alors, pourquoi autant de copropriétés tardent-elles à passer à l’action ? Sans surprise, le principal frein reste le coût des travaux. Pourtant, de nombreuses aides existent… mais elles sont encore trop méconnues. Une enquête BVA Xsight pour Rénovons Collectif (novembre 2023) révèle que 59 % des propriétaires et 57 % des bailleurs se sentent mal informés sur le sujet. Pire encore, seuls trois sur dix ont reçu des informations de leur syndic, et près de la moitié seraient incapables de citer spontanément une aide à la rénovation énergétique.
Synergiec, spécialiste en financement dédié à la rénovation énergétique, fait le point sur les principales aides disponibles. Les subventions publiques constituent la première source de financement des travaux en copropriété. Parmi elles, MaPrimeRénov’ Copropriété est la plus connue. Ce dispositif spécifique permet de financer des travaux sur les parties communes, comme l’isolation par l’extérieur ou le remplacement du chauffage collectif.
Accessible à tous les propriétaires sans conditions de ressources, cette aide est accordée sous réserve de certains critères : un gain énergétique d’au moins 35 % ou 50 %, un immeuble occupé à 65 % ou 75 % en résidence principale (selon sa taille), une construction datant d’au moins 15 ans et une inscription au registre national des copropriétés. La demande est effectuée par le syndic au nom du syndicat des copropriétaires, puis la prime est répartie entre eux en fonction de leur quote-part.
Le montant couvert varie entre 30 % et 45 % du coût des travaux, selon l’ampleur du gain énergétique, avec un plafond de 25 000 € par logement. Un bonus supplémentaire de 1 500 € ou 3 000 € est prévu pour les copropriétés classées F ou G qui atteignent au moins la classe D après rénovation. De plus, les copropriétés en difficulté financière (plus de 8 % d’impayés) ou situées en quartier NPNRU (Nouveau programme national de renouvellement urbain) peuvent bénéficier d’une bonification de 20 % sur le montant des travaux.
En complément des subventions publiques, d’autres aides peuvent alléger la facture des travaux de rénovation énergétique en copropriété. Parmi elles, les certificats d’économie d’énergie (CEE) permettent d’obtenir une prime CEE majorée, appelée "Coup de pouce Rénovation performante de bâtiment résidentiel collectif". Synergiec rappelle également que certaines régions, départements et communes proposent des aides locales adaptées.
Malgré ces dispositifs, un reste à charge demeure souvent inévitable. Pour le financer, deux solutions existent : utiliser le fonds travaux de la copropriété ou recourir à un prêt collectif.
« Un syndicat de copropriétaires peut souscrire un prêt bancaire collectif pour financer le reste à charge des travaux. Ce prêt peut concerner l’ensemble des copropriétaires ou uniquement ceux qui souhaitent y adhérer. Toutefois, il doit être voté en assemblée générale, généralement à la majorité absolue », précise Synergiec.
Parmi les solutions disponibles, l’éco-PTZ (éco-prêt à taux zéro) permet d’emprunter jusqu’à 50 000 € par logement sur 20 ans, sans intérêts, à condition que les travaux engendrent un gain énergétique significatif. D’autres prêts, comme le Copro 100 du Crédit Agricole ou les offres de Domofinance (filiale de BNP Paribas Personal Finance et EDF), peuvent financer tout type de travaux dans les parties communes.
Ne laissez plus les obstacles financiers freiner vos projets de rénovation ! Entre MaPrimeRénov’ Copropriété, les primes CEE, les aides locales et les solutions de financement collectif, de nombreux dispositifs permettent d’alléger la facture. Avec ces leviers, améliorer la performance énergétique de votre immeuble devient plus accessible que jamais. Il ne reste plus qu’à passer à l’action !